Le fléau de l'huile de palme

Aujourd’hui, on a été surpris de découvrir que c’était la journée mondiale du Nutella. Oui, ça existe… Alors, on s’est dit que c’était la parfaite occasion de parler d’un ingrédient essentiel de cette pâte à tartiner mondialement connue : l’huile de palme.

L’huile de palme, qu’est ce que c’est ?

Qu’on se le dise, l’huile de palme est P-A-R-T-O-U-T. C’est l’huile la plus utilisée au monde pour la fabrication d’aliments industriels transformés. On la trouve dans le Nutella, dans les frites, les glaces, les gâteaux, etc. Mais son utilisation ne se limite pas qu’à la nourriture. On la retrouve aussi dans les cosmétiques, la lessive ou même dans le « biocarburant » (qui pollue plus que le carburant traditionnel). On estime que 80% de l’huile de palme est utilisée pour la nourriture, 19% pour les cosmétiques et 1% pour l’énergie.

Si elle est a envahi notre quotidien, c’est pour plusieurs (bonnes) raisons :

  • elle a un bien meilleur rendement que les autres huiles végétales, comme l’huile de coco par exemple. À superficie égale, on produit plus qu’huile de palme que n’importe quelle autre.
  • Elle se conserve très longtemps, tout comme les aliments transformés qui la contiennent.
  • elle n’est pas chère, ce qui la rend plus rentable pour les industriels qui produisent à la chaîne

Présenter ainsi, l’huile de palme n’a que des qualités ! Mais alors, pourquoi tant de polémiques à son sujet…

Quel est le problème de l’huile de palme ?

Eh bien, c’est simple. C’est la demande grandissante ! Et c’est cette énorme demande, qui a créé une réaction de chaîne de problèmes pour l’environnement, la biodiversité et l’être humain. Peut tour des problèmes posés par l'huile de palme :

La déforestation
En 10 ans, la production d’huile de palme a grimpé de 85%. Pour produire plus d'huile, il faut plus de noix de palmier, donc plus de palmiers, donc plus de surfaces cultivables... Et pour avoir cette surface, des forêts entières sont brûlées pour faire de la place aux palmiers.
La culture du palmier à huile est l’une des causes principales de la déforestation dans le monde. Environ 85% de l’huile de palme utilisée dans le monde vient d’Indonésie et de Malaisie. En Indonésie, c’est la superficie d’un terrain de football qui brûle toutes les 15 secondes. Le Brésil n’est pas en reste, puisqu’il souhaite faire concurrence à ces deux pays en doublant sa production d’ici 2025. 
Or, brûler des forêts, ce n’est pas juste dommage pour le paysage. Ça pollue, ça libère du CO2 et l’oxygène dans l’air ne se renouvelle plus. C’est d’ailleurs à cause de cela que l’Indonésie est devenue le troisième émetteur mondial de CO2.
Brûler des forêts, ça veut aussi dire détruire l’habitat naturel d’animaux, comme les orangs-outans ou les gibbons. Même s’ils arrivent (parfois) à échapper aux flammes, leur vie reste menacée car les champs de palmier ne leur permettent pas de se nourrir ou de se cacher des prédateurs. La culture de l’huile a fait chuter la population des orangs-outans de 90% sur l’île de Sumatra en 100 ans.

 

La culture à grand renfort de pesticides
Après avoir fait brûler la forêt, les producteurs font de la monoculture : ils ne plantent QUE des palmiers. La monoculture appauvrit les sols et favorise les parasites et les maladies. C’est pour cela que les producteurs usent et abusent des pesticides et des engrais chimiques, hautement toxiques qui ont des conséquences désastreuses pour l’environnement et ses habitants (humains, animaux et plantes) en contaminant les sols, l’eau et l’air. Les premiers à souffrir de l’utilisation de ces produits sont les travailleurs.

Le travail forcé pour de l’huile
Dans un rapport, Amnesty International a dénoncé le travail forcé, le travail des enfants et des pratiques dangereuses pour la santé des ouvriers. Dans certaines plantations, les ouvriers subissent des maltraitances, obtiennent un salaire illégalement bas, sont exposés à des produits chimiques et sont obligés de ramener leur conjoint et enfants pour travailler avec eux. Ainsi, des enfants âgés de 8 à 14 ans sont obligés de quitter l’école, de travailler au contact des produits toxiques sans protection.

Petit bonus pour finir, côté nutrition, ce n'est pas non plus joli joli. L'huile de palme est riche en acide gras saturés, ce qui n’est pas bon pour la santé.

 

Alors, comment ne pas participer à tout ça ?

Comme pour la noix de coco, le meilleur moyen de ne pas participer aux désastres causés par l’huile de palme est encore de ne pas en consommer. Comme elle est partout, il peut-être difficile de l'éviter. Il faut donc bien regarder les étiquettes et s’informer s’il n’y a pas une alternative qui ne contient pas d’huile de palme. 

Face aux polémiques, plusieurs labels ont vu le jour pour garantir aux consommateurs une huile de palme « cruelty free ». Beaucoup d’entre eux ont des exigences très basses ou ne demandent qu’une simple cotisation. Il n’existe aujourd’hui qu’une seule certification garantissant une huile de palme 100% durable. Il s’agit de segregated qui assure aussi la traçabilité du début à la fin de la chaîne de production.