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Le cauchemar de la noix de coco

Le cauchemar de la noix de coco

Avec un marché qui pèse plus de 2,2 milliards d’euros, la noix de coco est en plein essor, poussée par de nouvelles modes occidentales qui mettent la coco à toutes les sauces, de l’assiette au make-up. Pour répondre à cette explosion de la demande, certains moyens peu scrupuleux voient le jour. Déforestation, exploitation de singes, mauvaise rémunération des producteurs... la noix de coco cache bien des dérives. Il n’est pas impossible de consommer de la coco “éthique”, et certains font un travail formidable. Mais avant d’acheter, il faut choisir avec attention. Décryptage des pratiques à éviter et sélection de quelques jolies marques qui permettent de consommer de la coco le coeur léger !


La déforestation

Quand on pense à la coco, ça sent bon le soleil, la mer, le palmier en bord de plage. La réalité en est bien loin et pour répondre à la demande grandissante, il faut toujours plus de palmiers. Pour avoir plus de palmiers… on ouvre la porte à la déforestation. 

Le cocotier a un rendement assez faible. On pourrait espérer que cela limite la surproduction. Malheureusement, la demande toujours plus forte pousse à la monoculture et à l’utilisation de pesticides qui polluent l’air et les sols et participent à la destruction de la biodiversité. Les cocotiers produisant moins en vieillissant, les fermiers sont obligés d’en planter de plus en plus pour maintenir un flux constant, à la hauteur de la passion occidentale pour la noix de coco. Et pour planter plus, il faut plus d’espace, la solution est souvent de déforester.

Très décriée sur ce sujet (à juste titre), l’huile de palme a pour avantage de produire énormément. A contrario, le cocotier produit moins de fruits et a un rendement plus faible. Sur un hectare, les palmiers à huile produisent 3 tonnes d’huile de palme, alors que les cocotiers ne produisent que 0,7 tonnes d’huile de coco. Il faut donc une surface de cocotier 3 fois supérieure que celle nécessaire aux palmiers à huile pour produire la même quantité… Sans régulation, on imagine vite la catastrophe. 

Noix de coco sur la plage - Article de Cosse Nature


L’esclavage de singe

Un cocotier, c’est haut. Et récolter les noix à plusieurs mètres de haut n’est pas une mince affaire. Certaines exploitations utilisent des bambous munis d’une lame, d’autres ont trouvé une autre solution pour le moins inattendue… l’exploitation animale. 

C’est principalement en Thaïlande qu’on retrouve ce phénomène. Les hommes élèvent des singes pour ramasser les cocos à leur place. Ces singes, ce sont principalement des macaques à queue de cochon, à savoir, une espèce classée vulnérable.

Très intelligents et rapides, ils peuvent cueillir plus de 1 000 noix de coco par jour. Ils arrivent même à distinguer les noix de coco mûres afin de savoir lesquelles récolter. Un allié précieux donc. Mais voilà le problème. Ces singes sont capturés bébés dans la forêt et arrachés à leur mère. Ils sont ensuite dressés à coups de bâton pour être productifs. Une fois “l’école” finie, les singes vont passer leur vie attachés, à récolter des noix de coco, réduit en esclavage. S’ils passent trop de temps sur l'arbre, s’ils expriment leur mécontentement, s’ils s’arrêtent, ils sont battus par leur maître.

Pour récolter une noix de coco, le singe la fait tourner sur elle-même jusqu’à ce qu’elle se détache et tombe au sol, où le maître en fait un tas. Une fois terminés, ils passent au suivant, répétant l’opération jusqu’à 9 h par jour sans pause.

Même si ces actes sont injustifiables, les fermiers ne sont pas les réels méchants de l’histoire. Ce sont souvent de petits producteurs, très mal rémunérés, qui n’ont pas les moyens d’investir dans d’autres solutions.  


Les conditions de travail des producteurs

95 % de la production mondiale de noix de coco est récoltée par des petits agriculteurs aux bénéfices de grands groupes. Entre 40 % et 60 %, des producteurs de noix de coco aux Philippines vivent dans une extrême pauvreté. Ce métier fait partie des plus précaires du pays, ce qui conduit beaucoup de jeunes à refuser de reprendre l'exploitation familiale. Les grands groupes rémunèrent très mal leurs cueilleurs (on parle de 2,20 € pour 100 noix de coco), refusant de payer le juste prix. C’est pourquoi, il faut ramasser un maximum de noix et sur ce point, le singe va beaucoup plus vite que les humains.

Mais l’argent n’est pas le seul problème. En effet, les producteurs sont aussi directement exposés aux produits chimiques utilisés dans les plantations comme les engrais ou les pesticides, afin d’augmenter le rendement pour répondre à la demande des consommateurs. Très souvent, ils n’ont pas les moyens de se protéger des produits qu’ils utilisent et mettent leur santé en péril. 

Cocotiers - Article de Cosse Nature


Le transport

Évidemment, les cocotiers ne sont pas très présents en France. Les cocos que nous consommons (lait, huile, crème…) proviennent principalement d’Asie du Sud, notamment de Thaïlande et des Philippines. Les noix de coco parcourent donc des milliers de kilomètres, en bateau ou en avion, avant d’arriver dans nos magasins. Détail souvent méconnu, si c’est le fruit qui voyage afin d’être transformé en Europe, il devra presque systématiquement être emballé (dans du plastique, bien évidemment) pour être protégé durant le transport. Autant dire que l’impact carbone n’est clairement pas négligeable !


Les bienfaits remis en cause

On prête beaucoup de vertues à la coco : pouvoir hydratant incomparable, réduction de la dégénérescence mentale et lutte contre Alzheimer, etc. Seulement, aucune de ces qualités n’a été prouvée. Selon Laurence Eyres, chercheur du New Zealand Institute of Chemistry, il s’agirait même plutôt d’un “conte de fées développé par le marketing”.

Quand on se penche sur la science, certains indices posent en effet question, notamment pour l’huile de coco dans l’alimentation. Sur 7 étude sur le sujet, 6 démontrent que l’huile de coco augmente le taux de cholestérol (le LDL, le “mauvais cholestérol) et que sa forte teneur en acide gras saturé (82 %) entraînerait des maladies cardiovasculaires.

Noix de coco - Article de Cosse Nature


Du coup, comment faire pour ne pas participer à tout ça ?

Le meilleur moyen est bien entendu de ne pas acheter de produits à base de noix de coco. 

label OneVoice  

S'il vous paraît impossible de vous en passer, il faut noter qu'il existe des labels vegan garantissant que les noix de coco n'ont pas été cueillies par des singes, comme celui de One Voice.

 Le commerce équitable essaye quant-à lui de casser les règles du marché pour rémunérer au mieux les producteurs. Fair Trade les accompagne aussi pour améliorer les exploitations en utilisant des semis pour remplacer les vieux cocotiers. En attendant la maturation des cocotiers, ils apprennent à diversifier leur culture avec du cacao ou du café.

Pour vous simplifier la recherche, voici une petite sélection de marques garanties cruelty-free et rémunérant bien ses producteurs :

logo Maison du Coco

Attentifs à ceux qui récoltent la coco, La Maison du coco travaille en relation directe avec les producteurs et seulement avec des cultures durables, qui n’utilisent d’animaux sauvages, qui ne font pas travailler des enfants et qui répondent aux préoccupations environnementales.

logo Rapunzel

Depuis 1974, Rapunzel propose des produits d’épiceries sèches dans une démarche globale, qui inclut non seulement le respect de l’environnement, de la santé des producteurs et acteurs de la filière comme des consommateurs, mais aussi une loyauté dans les échanges.

logo Ecoidées

Ecoidées achète le sucre de coco à une coopérative contrôlée «Commerce équitable» qui réunit plusieurs centaines de petits producteurs récoltant la sève des cocotiers dont ils ont la charge. En plus de rémunérer à leur juste valeur ces petits producteurs, ils ont créé un fond de développement afin d’améliorer la vie de ces derniers, notamment en aménageant l’école à côté de la coopérative ou en construisant des points de récoltes des déchets.

logo aumyana

Ne cautionnant pas les productions intensives d’huile de coco qui utilisent des animaux, Aumyana a choisi de travailler directement avec des artisans privilégiant des méthodes ancestrales simples et naturelles. Les noix de coco sont récoltées à l’aide de bambous munis d’une hache. Elles sont ensuite transformées en huile par procédé artisanal et un savoir-faire unique sans traitement chimique. Pour aller encore plus loin, la jeune marque a trouvé une astuce pour limiter l'impact du transport : certains bateaux, pour ne pas faire le trajet avec des places vides, proposent de les réserver. C'est comme ça que les cocos d'Aumyana effectuent le trajet. 

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